Force est de constater qu'en Tunisie comme ailleurs, la crise du Covid-19 a accéléré l'usage de nouveaux moyens de paiements et leur essor n’échappe à personne.

Avec la propagation du Covid-19, les paiements transitant en ligne sont passés de 16 milliards de dollars à 22 milliards en seulement 6 mois, cette année. Plus encore? Selon une étude de l'entreprise DOMO, en une minute sur internet en 2020, un million de dollars est dépensé en ligne.

Il va sans dire que l’économie numérique est redevable à la pandémie et cette dernière aura contribué à son développement. Toutefois, les portefeuilles digitalisés et les moyens de paiement sophistiqués apportent leurs lots de risques. Entre fraudes, piratage et détournements, les enjeux se veulent énormes. Selon un rapport publié par The Economist, tous les moyens sont bons pour les décideurs pour contrer ces personnes malintentionnés. Un arsenal de guerre numérique certes mais qui pourrait être largement amélioré.

L’un des problèmes que pose le rapport publié par The Economist est l’absence d’identité digitale. En effet, un milliard d’individus dans le monde n’auraient pas de cartes d'identité nationale ou de papiers officiels et échapperaient donc à l’identification des autorités gouvernementales. Du travail reste à accomplir pour arriver au même niveau que 70 pays ayant mis en place un processus d’identification digitale.

Selon ledit rapport, 71% des consommateurs sont plus à l’aise à l'idée de partager leurs données avec les gouvernements qu’avec les entreprises, d’où la nécessité de créer un moyen efficace pour éviter les fraudes et de démasquer les pirates - échappant au contrôle minutieux des gouvernements.

Plus encore, les entreprises opérant dans les télécommunications et les services financiers sont d’accord sur la mise en place d'identifiants numériques, ce qui serait un moyen de bancariser et intégrer les moins chanceux dans le circuit financier. Et 85% des dirigeants d’entreprises s’attendent à l’implantation de l’authentification biométrique lors des transactions d’ici 10 ans.

La sécurité avant tout

Il était hors de question de bloquer le circuit économique dans son intégralité en temps de contagion. D’où la frénésie du paiement en ligne et l’entrée en force des technologies de paiements sophistiquées. Selon l’étude élaborée par The Economist, 61% des entreprises sondées ont investi davantage dans leurs structures de paiements en ligne et 85% d’entre elles estiment que la fluidité des transactions est une chose essentielle et qu’il y va de la survie de leurs structures de l'adapter.

Cette transition accélérée vers le digital n’a pas été sans défis. En effet, près des 2/3 des entreprises qui ont montré de l’adaptabilité et ont remodelé leur processus de transactions à la suite de la pandémie témoignent de plusieurs défaillances pouvant engendrer plus de cas de fraude.

L'I.A comme solution?

Quoi de mieux que d’implémenter l’intelligence artificielle pour arriver à réduire ce risque? L’I.A est devenue un moteur essentiel de la transformation digitale grâce aux récentes améliorations qui lui ont été apportées. Malgré ses faveurs, cette technologie confronte les entreprises à de nouveaux défis.

En effet, 32% des cadres ayant répondu à cette enquête mentionnent le coût élevé de l’embauche de talents dans l’I.A, suivi par le manque de capacité pour mettre en œuvre l’I.A et l’incertitude autour de la réglementation.

Les portefeuilles digitaux et les comptes financiers virtuels ne posent aucun problème pour les entreprises. Au contraire, les répondants à l'enquête sont optimistes par rapport aux transactions d'argent via un téléphone portable ou un ordinateur. D’autant plus que 82% d’entre-eux comptent un impact positif sur les recettes sans pour autant négliger les défis et les risques liés aux portefeuilles numériques et aux super-apps.

Une majorité pense que les méthodes d'authentification d'identité employées par des super-applications, combinant à la fois une messagerie, un marketplace et des éléments des réseaux sociaux, présentent des risques élevés inquiétants pour la protection des données, ce qui démontre que l'association avec des super-applications peut exposer les marques à des violations de la confiance des consommateurs.

Les répondants ajoutent que les principaux obstacles à l’adaptation du porte monnaie électronique sont liés à la sécurité, la protection de la vie privée ou la fraude et les limitations réglementaires concernant le partage de données avec des tiers.

La confiance, clé du succès

Les entreprises doivent comprendre qu’afin d'établir la confiance dans un monde touché par la pandémie de la Covid-19, elles doivent fournir aux consommateurs un système plus pratique et une façon inclusive de réaliser leurs transactions garantissant à la fois leur sécurité et leur vie privée.

Pour l'avenir, les entreprises doivent comprendre les tendances à long terme et les innovations affectant la sécurité, la confidentialité et la fraude, afin de réussir à équilibrer une expérience client optimale avec une sécurité rigoureuse afin d'être les mieux placées pour réussir sur leur marché. "Construire la confiance dans un paysage de consommation numérique peut être difficile, mais cela séparera les gagnants des autres" conclut le rapport.

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