Les NFT, Non Fungible Token (Jeton non fongible), font couler beaucoup d’encre. Et pour cause. Le temps est venu pour les artistes du digital de rayonner et de se faire des sommes colossales sur internet en vendant leurs travaux. Avec le bitcoin qui a le vent en poupe, le prix des objets numériques a atteint des prix exorbitants.

La technologie réussit quand même à apporter de l’extravagance à l’art. Un collectionneur de Miami, Pablo Rodriguez-Fraille, achète en octobre dernier une vidéo de 10 secondes représentant ce que certains affirment être Donald Trump, nu, couché dans l'herbe, pour 60 000 dollars et vient de la vendre pour 6,6 millions de dollars. Pourtant la vidéo peut être partagée et vue sur internet à n’importe quel moment. Seulement, il ne s’agit pas de la pièce l’originale.

Basé sur la même technologie que les cryptomonnaies, les NFT sont des certificats qui permettent d'authentifier le propriétaire d'une œuvre numérique. Ces jetons numériques sont "non fongibles", c'est-à-dire uniques.

L’accent sur l’originalité

Là réside l’originalité des NFT. De nouveau, le concept de la propriété et de la rareté a été introduit sur internet. Loin d’être nouvelle, la technologie de blockchain Ethereum développée en partie en Suisse est utilisée pour ces certificats.

Ethereum est une crypto-monnaie, comme le bitcoin ou le dogecoin, mais sa blockchain prend également en charge ces NFT, qui stockent des informations supplémentaires qui les font fonctionner différemment

Depuis début 2021, 1 milliard de dollars ont été dépensés pour l’acquisition d’œuvres numériques. "Il existe actuellement un enthousiasme général pour les cryptomonnaies, et les NFT en profitent", a déclaré Christoph Ebell, le fondateur de Digital Arcade, qui convertit les œuvres d'art en jetons numériques.

Les NFT peuvent vraiment être n'importe quoi de numérique, comme des dessins, de la musique… mais une grande partie de l'enthousiasme actuel concerne l'utilisation de la technologie pour vendre de l'art numérique.

Un marché juteux

Evaluer et valoriser une pièce d’art est une tâche ardue. Généralement, une exposition au public suivie d’une vente aux enchères sont organisées pour vendre et faire parler l’art. Les collectionneurs, avide de création et de richesse culturelle, ne laissent pas les NFT leur filer entre les doigts. Les investisseurs, en quête de gains financiers, ne passent pas à côté de cette opportunité non plus.

Les investisseurs NFT disposent de l’assise financière nécessaire pour animer le marché des NFT. Cela attire plus de personnes intéressées par les artistes et le prix, inexorablement, explose. L'art qu'ils choisissent d'acheter sont généralement les pièces qui deviendront virales, mais elles n'ont pas nécessairement une valeur esthétique.

Quant aux collectionneurs, ils recherchent des expériences et une valeur artistique. S'ils savent qu'il existe une version originale et unique en leur genre, ils sont plus susceptibles d'avoir envie de la pièce authentique. Les NFT invoquent auprès de ce public l'authenticité.

Parmi les places de marché NFT les plus courantes figurent OpenSea, Mintable, Nifty Gateway et Rarible. Il existe également des places de marché de niche pour des types de NFT plus spécifiques, comme NBA Top Shot pour les moments forts des vidéos de basket-ball ou Valuables pour la mise aux enchères de tweets tels que ceux de Dorsey actuellement mis aux enchères.

Le marché de l’art contemporain a ainsi été secoué par la technologie blockchain. L’expert en art contemporain et d’après-guerre de Christie's, Noah Davis, revient sur le résultat de la vente aux enchères de 69 millions de dollars d'une oeuvre NFT de l'artiste Beeple et explique qu’il s’agit d’une consécration de la transition numérique de Christie’s. À ses dire, avec les avancées technologiques, tout a évolué et ni l’art ni l’industrie culturelle n’échappent à cette tendance. Et de rappeler que tout art a de la valeur.

Bien entendu, les artistes sont les grands gagnants de cette effervescence. Il s’agit pour eux de l’Eldorado tant attendu. Drew Olanoff, un écrivain pour TechCrunch, a néanmoins exprimé ses doutes. Pour lui, le fait d’acheter maintenant pour ne pas regretter plus tard ne fait pas la valeur et que cela avait juste un impact positif pour les artistes. Par conséquent, il suggère de faire preuve de prudence à l’achat, puisque le marché se stabilisera une fois que l’excitation autour de la tendance se calmera.

D’un autre côté, même les entreprises et les marques s’y mettent. Taco Bell a vendu des GIF et des images sur le thème des tacos sur une place de marché et les 25 lots ont été vendus en seulement 30 minutes.

The brands are at it again — Taco Bell is hopping on the NFT train
Taco Bell has hopped on the NFT train — the fast-food chain sold a batch of taco-flavored digital assets over the weekend, with each one going for around $1. Is ownership of a GIF better than a taco?

Chaque GIF contenait une carte cadeau de 500 $, que le propriétaire initial pouvait dépenser, ce qui peut expliquer leur popularité au départ. Mais ces TacoCards se vendent maintenant sur le marché secondaire, la carte la plus chère se vendant 3 500 dollars. Pour être clair, cela n’inclut pas la carte cadeau.

Une controverse écologique

L’impact climatique est certainement là où le bât blesse. Puisque les NFT utilisent la même technologie de blockchain gourmandes en combustibles fossiles, beaucoup d’électricité est consommée pour la réservation des œuvres d’art.

Quand bien même une recherche accélérée sur ce phénomène et les tentatives de rendre la technologie "plus verte" existe, le gaz à effet de serre est toujours présent. À la suite de ces constats, plusieurs artistes ont boudé le marché des NFT, annulant leurs ventes et sortant du marché. ArtStation était tellement inquiète de l’impact sur le climat qu’elle a récemment fait marche arrière sur sa décision de vendre des NFT après une réaction massive.

Plusieurs activistes s’inquiètent et redoutent l’impact conséquent réel cet engouement pourrait avoir sur l’environnement. Selon CryptoArt.wtf, un site créé pour calculer l’empreinte carbone des NFT (aujourd’hui hors ligne), une pièce appelée “Coronavirus” a consommé la somme incroyable de 192 kWh pour sa création. Ce chiffre est environ l’équivalent de ce que peut consommer un habitant de l’Union Européenne pendant deux semaines en électricité. Pour informations, il s’agit simplement d’un GIF.

Les artistes s’étaient engagés à créer des œuvres ecofriendly et neutre en carbone, Beeple a déjà promis de le faire à l’avenir. Mais pour plusieurs d'entree eux, il est question de repenser le modèle et la façon dont est construite la technologie de la blockchain.

Ethereum, Bitcoin et autres sont construits pour sécuriser les données financières de leurs utilisateurs, et ce système utilise une quantité incroyable d’énergie. En effet, l’Ethereum engloutit à lui seul la même quantité d’énergie que la Libye. Il est à rappeler que ce pays est membre de l’OPEP et dispose d’une abondance de pétrole.

Retrouvez également sur Gomytech: