Une plus grande protection de notre vie privée ne ferait certainement pas de mal surtout lorsque l’on a l’impression - à juste titre- que notre ordinateur ou smartphone nous épie et scrute nos moindres faits et gestes. Cela est encore plus vrai sur le web, où la moindre trace que nous laissons est récupérée puis analysée. C'est pour éviter ce "flicage" que plusieurs internautes préfèrent d'ailleurs passer par le mode de navigation privée ou en mode incognito, un sentiment de sécurité les envahissant rien qu’en voyant l’icône du détective à lunettes. Mais détrompez-vous, la navigation privée n'est pas si privée que cela.

Malheureusement, il est difficile de garder l’anonymat sur internet par les temps qui courent. Et ce n’est pas le mode incognito de Chrome, Firefox, Safari… qui viendra sauver la mise. La navigation privée permet de neutraliser la sauvegarde de l’historique, du cache et des cookies collectés lors de la session.

Quand on parle de cybersécurité, il y a lieu d’évoquer la liberté d’expression, la bienveillance au niveau des données personnelles et l’anonymat responsable. Mais se protéger derrière une fenêtre de navigation privée est comme sauter dans l’océan pour se protéger de la pluie. L'éditeur du site ou du logiciel utilisé va envoyer des données qui vous concernent vers ses serveurs.

Ce qu'il faut comprendre c'est que collecter des données en soit n’est pas nécessairement mauvais ou illégal. Ces données collectées peuvent par exemple être anonymes avant d'être utilisées pour des statistiques afin d'améliorer le service. Par contre, il existe un procédé de collecte de données qui est discutable, le tracking. Concrètement, c'est quand un service piste un utilisateur précis avec diverses méthodes et utilise ces données à son avantage pour générer de la publicité ciblée par exemple.

Mais comment un site web fait-il pour repérer l’internaute alors même qu’il est "incognito"?  Il faut savoir que le mode navigation privée est un mode très similaire à celui que vous utilisez d'habitude. Seulement quelques changements peuvent arriver : Les extensions seront désactivées, les téléchargements et l'historique ne sont pas stockées sur votre ordinateur et enfin les cookies ne sont pas retenus.

Toutefois, la navigation privée n’empêche pas les traqueurs d'identifier les utilisateurs individuels. De fait, le FAI, les sites et les gouvernements savent qui fait quoi en mode incognito. La clé de voûte n’est autre que votre adresse IP ou l’empreinte digitale du navigateur. Avec cette adresse vient la résolution de votre écran, le système d'exploitation, l’emplacement et même la langue. Une fois combinées, ces caractéristiques simples font de votre IP un identifiant unique.

Aucun règlement sur la durée de conservation des données par les fournisseurs d’accès à internet n’a été établi par les autorités législatives en Tunisie. On ne sait pas ainsi combien de temps, nos données peuvent être conservées. En Europe, les entreprises qui conservent les données des utilisateurs se doivent de justifier la durée de leur conservation, ce qui permet à des organismes gouvernementaux comme la police de les demander et de les obtenir.

La solution pour l’anonymat

Les internautes, pugnaces et tenaces, peuvent mettre en place des subterfuges et des logiciels appelés à aveugler les yeux vigilants des gouvernements et des FAI. L’un de ces moyens, connu sur internet, est le navigateur Tor.

Sa gratuité n’a d’égal que son efficacité. Il transmet chaque requête à au moins trois serveurs aléatoires. Il réussit à faire crypter l’information la rendant dissimulée et empêchant ainsi toute tierce partie d’accéder à l’emplacement de l’utilisateur. D’autres internautes combinent ce navigateur furtif à un système d’exploitation comme Tails. Transportable sur une simple clé USB, il neutralise le système Windows ou MacOS.

Design réalisé par Sami Abdelwahed

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