Crée en septembre 1945, l’ordinateur n’a pas fini de nous surprendre autant par ses capacités devenues de plus en plus performantes que par sa taille qui ne cesse de s’affiner. Ce petit engin représente une véritable prouesse technologique.

Longtemps considéré comme un luxe ou un outil de travail, l’ordinateur est presque devenu indispensable pour les étudiants comme pour les utilisateurs lambda. En Tunisie, 52% des ménages possèdent un ordinateur à domicile en 2019 selon les chiffres du ministère des TICs.

Cependant, même les machines les plus performantes ne sont pas à l’abri d’un dysfonctionnement, plus connu sous le terme de "bug". En anglais, ce mot signifie littéralement insecte et il s’est avéré que cela n’est pas anodin.

Le 9 septembre 1947, un groupe d’informaticiens et d’ingénieurs a signalé le premier bug informatique au monde. L'équipe de l'Université de Harvard a constaté que leur ordinateur, le Mark II, produisait des erreurs constantes. Lorsqu'ils ont ouvert le matériel de l'ordinateur, ils ont trouvé un papillon de nuit. L'insecte piégé avait perturbé l'électronique de l'ordinateur.

La pionnière du langage informatique Grace Hopper faisait partie de l'équipe qui a découvert ce premier bug informatique signalé. On lui attribue souvent le mérite d'avoir signalé le bug, mais ce n'est probablement pas le cas. Cependant, c'est elle qui a rendu l'incident célèbre.

Et pourtant, ce n’est que dans les années 1960, que le terme bug informatique est entré dans le langage courant.

Les pires bugs de l’histoire

De nombreux bugs logiciels dévastateurs ont été signalés durant toutes ces années. En 1995, la fusée Ariane 5 de l'Agence spatiale européenne a explosé à seulement 39 secondes de vol. Tenter d'insérer 64 bits dans une variable de 16 bits a fait basculer la fusée à 90 degrés dans la mauvaise direction, la faisant s'autodétruire à mi-lancement. Ceci est considéré comme l'un des bugs informatiques les plus coûteux de l'histoire: un bug à 207 millions d'euros.

Un autre exemple de perte d’argent colossale dû à un bug informatique est celui de l’affaire Intel avec son Pentium i486.

En 1993, une erreur de programmation fait que la puce Pentium d’Intel commet des erreurs lors de la division des nombres à virgule flottante qui se produisent dans une plage spécifique. Bien que le bug affecte peu d'utilisateurs, il devient un cauchemar de relations publiques. Avec environ 3 à 5 millions de puces défectueuses en circulation, Intel ne propose dans un premier temps de remplacer les puces Pentium que pour les consommateurs qui peuvent prouver qu'ils ont besoin d'une grande précision de calculs. Finalement la société cède et accepte de remplacer les puces pour quiconque se plaint. Le bug coûte finalement 475 millions de dollars à Intel.

L'histoire de bug informatique la plus tragique concerne Therac-25, une machine destinée à fournir une radiothérapie aux patients atteints de cancer. L’appareil fonctionne mal et délivre des doses de rayonnement mortelles dans plusieurs établissements médicaux. Basé sur une conception précédente, le Therac-25 était un système de thérapie "amélioré" qui pouvait délivrer deux types de rayonnement différents. Les conditions de concurrence dans la base de code et le manque de fonctionnalités de sécurité matérielles ont provoqué des surdoses de radiations qui ont entraîné 3 décès.

Similaire à l’incident Therac-25, le logiciel de planification de la thérapie créé par Multidata Systems International, une société américaine, calcule mal le dosage approprié de rayonnement pour les patients subissant une radiothérapie. En novembre 2000, au moins huit patients meurent, tandis que 20 autres reçoivent des surdoses susceptibles de causer des problèmes de santé importants. Les médecins, légalement tenus de vérifier manuellement les calculs de l'ordinateur, sont inculpés de meurtre.

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